Guide recruteur14 octobre 20268 min de lecture
Vérifier un candidat : CV, LinkedIn, références et diplômes
Comment vérifier le CV d’un candidat avant l’entretien : comparer le CV et LinkedIn, chercher les preuves de son travail, prendre des références et vérifier un diplôme, dans le cadre de la loi.
Par Guillaume

Comment vérifier le CV d'un candidat ?
Vérifier un CV, c'est chercher des preuves plutôt que des impressions. Comparez le CV au profil LinkedIn (dates, intitulés), cherchez les traces publiques de son travail, regardez qui a écrit ses recommandations et situez la taille de ses anciennes entreprises. Posez en entretien les questions qui lèvent les doutes, puis prenez des références auprès des finalistes, en les ayant prévenus.
À retenir
- Un écart entre le CV et LinkedIn est une question, pas une preuve : posez-la au candidat avant de conclure.
- Les réseaux personnels ne vous apprennent rien sur le travail, et la loi limite ce que vous pouvez collecter.
- Prévenez le candidat que vous consultez son profil professionnel et que vous prendrez des références.
- Demandez un certificat de travail, jamais un bulletin de paie.
- Sortez de la vérification avec trois questions précises pour l'entretien, pas avec une impression.
Où trouver les preuves : la méthode en 5 points
Une vérification utile prend quelques minutes par candidat et se fait sur les profils retenus après le tri, pas sur toutes les candidatures.
1. Le profil LinkedIn à côté du CV
Ouvrez les deux côte à côte et comparez les dates, les intitulés et les entreprises. La plupart des écarts sont anodins : un intitulé interne sur le CV et un intitulé plus parlant sur LinkedIn, des dates arrondies à l'année, des missions de freelance regroupées. D'autres méritent une question : un poste qui n'apparaît que d'un côté, deux ans d'écart sur une date, un « directeur » d'un côté et un « chargé de » de l'autre. Notez la question telle que vous la poserez : « Je vois [x] sur votre profil et [y] sur le CV : qu'en est-il ? »
2. Les traces de travail
Un article, une intervention en conférence, un projet en ligne, un portfolio, un dépôt de code public pour un développeur, une publication professionnelle : ce sont des preuves, datées et vérifiables, de ce que le candidat sait faire. Elles valent plus qu'une liste de compétences. Leur absence ne prouve rien, surtout pour les métiers dont le travail n'est pas public.
3. Les recommandations
Sur LinkedIn, lisez qui a écrit chaque recommandation : un manager, un client, un collègue ou un ami. Une recommandation d'un ancien responsable, précise et datée, dit quelque chose ; trois recommandations croisées entre amis de promotion, beaucoup moins. Une recommandation précise vous donne aussi un nom pour la prise de références, à demander au candidat.
4. Les anciennes entreprises
« Grands comptes », « forte croissance », « leader de son marché » : en une minute, vous pouvez savoir si l'entreprise compte cinquante ou cinq mille salariés. L'Annuaire des entreprises, site public de l'État, donne l'activité et la tranche d'effectif de chaque société française ; son site web et ses références clients font le reste. Cela situe le périmètre réel du poste, sans rien retirer au mérite du candidat.
5. Trois questions précises pour l'entretien
La vérification sert à préparer l'entretien, pas à trancher seul devant son écran. Transformez chaque doute en question ouverte : « Concrètement, quels étaient vos clients et leur taille ? », « Sur quel projet avez-vous utilisé cette compétence pour la dernière fois ? », « Qu'avez-vous fait vous-même sur ce projet ? ». Les 8 signaux à vérifier dans un CV, avec la question qui lève chaque doute, tiennent sur une page dans notre antisèche « Lisez un CV en 2 minutes » (PDF gratuit).
Ce que la vérification ne doit pas devenir
Les photos de vacances, les opinions, la vie de famille ou un chat sur une photo de profil ne disent rien de la capacité à occuper un poste. Le Code du travail ne permet de demander ou de collecter que des informations qui ont un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles (article L1221-6). Le guide de la CNIL sur le recrutement le rappelle : la vie privée du candidat reste protégée même quand elle est en ligne.
Deux règles pratiques en découlent :
- Restez sur les sources professionnelles : le CV, le profil LinkedIn, les traces publiques du travail, les références.
- Prévenez le candidat : il doit être informé des méthodes utilisées pour évaluer sa candidature (article L1221-8), et aucune information le concernant ne peut être collectée par un moyen dont il n'a pas eu connaissance (article L1221-9). Une phrase dans l'annonce ou dans l'accusé de réception suffit, par exemple : « Nous consultons les profils professionnels publics des candidats retenus et pouvons, avec leur accord, contacter des références. »
Comment vérifier les références d'un candidat ?
Réservez la prise de références aux finalistes, en fin de processus. Demandez au candidat deux ou trois contacts (un ancien responsable, un client, un collègue proche), et prévenez-le que vous allez les appeler : le guide de la CNIL admet le recueil de références auprès de l'environnement professionnel du candidat dès lors qu'il en a été informé au préalable.
Un appel de dix minutes suffit, avec des questions préparées :
- Dans quel contexte avez-vous travaillé avec [prénom], et pendant combien de temps ?
- Quelles étaient exactement ses responsabilités ?
- Pouvez-vous me donner un exemple de [critère du poste : négociation, gestion d'équipe, rigueur comptable] ?
- Comment travaillait-[il ou elle] avec l'équipe et les clients ?
- Sur quoi pouvait-[il ou elle] encore progresser ?
- Si vous en aviez l'occasion, retravailleriez-vous avec [prénom] ?
Comme en entretien, ne posez aucune question sur la santé, les absences, la vie familiale, l'engagement syndical ou tout autre critère de l'article L1132-1 : notre liste des questions interdites en entretien vaut aussi pour la personne que vous appelez.
Comment vérifier un diplôme ?
Demandez une copie du diplôme ou une attestation de réussite. Pour une partie des diplômes de l'Éducation nationale, le service public diplome.gouv.fr délivre au diplômé une attestation numérique avec une clé de contrôle, qu'il peut vous transmettre pour en vérifier l'authenticité ; les diplômes universitaires n'y figurent pas, et l'établissement qui les a délivrés reste alors la source. Pour un titre professionnel ou une certification, le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) confirme qu'elle existe et indique son niveau.
Pour l'expérience, un certificat de travail suffit : il atteste la relation de travail, sa durée et la nature du poste. Un bulletin de paie, en revanche, contient trop d'informations sans rapport avec le poste (arrêts maladie, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires) : selon la CNIL, il ne peut pas être demandé au candidat.
Où ResumeRank intervient
Chaque CV analysé par ResumeRank est noté sur 100 face à votre offre, avec les points à vérifier et les questions à poser en entretien. Dans les offres Recrutement et Équipe, l'enrichissement LinkedIn compare le CV au profil public du candidat et signale les écarts de durées, de postes ou d'entreprises : la comparaison du point 1 est faite pour vous, il vous reste à poser la question. Voir l'analyse de CV par IA et notre guide pour repérer les incohérences entre un CV et LinkedIn. La méthode complète de lecture d'un CV est dans comment analyser un CV.
Questions fréquentes
A-t-on le droit de regarder le Facebook d'un candidat ?
Ce qu'on y trouve n'a presque jamais de lien direct et nécessaire avec le poste, seule condition pour collecter une information sur un candidat (article L1221-6 du Code du travail), et sa vie privée reste protégée même quand elle est en ligne. La bonne source est son profil professionnel, LinkedIn par exemple, à condition de l'avoir prévenu que vous le consulterez.
Peut-on prendre des références sans l'accord du candidat ?
Le candidat doit au moins en être informé avant : aucune information le concernant ne peut être collectée par un moyen dont il n'a pas eu connaissance (article L1221-9), et la CNIL admet la prise de références auprès de son environnement professionnel dès lors qu'il en a été prévenu. Le plus simple et le plus utile : lui demander deux ou trois contacts.
Peut-on demander un bulletin de salaire à un candidat ?
Non. Selon la CNIL, un bulletin de paie contient trop d'informations sans rapport avec le poste pour être demandé. Le candidat peut en transmettre un de lui-même, en masquant ce qui n'est pas pertinent. Pour attester d'une expérience, demandez plutôt un certificat de travail.
Comment savoir si un candidat a menti sur son CV ?
Repérez les écarts (dates, intitulés, taille des entreprises, compétences sans exemple), puis posez-les en entretien sous forme de questions ouvertes : un candidat qui a réellement occupé le poste donne des exemples précis, des chiffres et sa part personnelle. Les références des finalistes et un diplôme vérifié complètent le dossier. Un écart n'est pas un mensonge tant que le candidat ne l'a pas expliqué.
Pour aller plus loin
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