Avant de recruter un alternant : cadrer le besoin
Commencez par une question qui n’a rien à voir avec le candidat : avez-vous du travail à confier pendant les semaines où il sera présent ? Une alternance qui échoue est presque toujours une alternance sans missions réelles, où la personne remplit des tâches de bouche-trou entre deux périodes de cours. Écrivez la liste des travaux que vous comptez déléguer, et vérifiez qu’elle tient sur la durée du contrat, pas seulement sur le premier mois.
Le deuxième point est le tuteur. La loi impose de désigner un maître d’apprentissage ou un tuteur selon le contrat retenu, mais l’enjeu dépasse la formalité : cette personne devra être disponible régulièrement, répondre aux questions, corriger, et faire le lien avec l’école. Désignez-la avant de publier l’offre, vérifiez qu’elle est volontaire, et prévoyez le temps correspondant dans sa charge de travail. Un tuteur désigné d’office est le meilleur moyen de perdre l’alternant et de gâcher une année.
Le troisième point est le rythme école-entreprise, qui est fixé par la formation et non par vous. Deux jours par semaine, une semaine sur deux, trois semaines sur quatre : chaque rythme convient à des missions différentes. Un rythme très fractionné se prête mal à un projet qui demande de la continuité ; un rythme par périodes longues permet de confier un vrai sujet. Demandez le calendrier à l’école avant de vous engager, et calez vos missions dessus.
Le piège propre à ce recrutement est de chercher un profil déjà opérationnel. Un alternant est en formation : vous recrutez une capacité d’apprentissage, une fiabilité et une envie, pas un professionnel confirmé à tarif réduit. Si votre besoin est immédiat et ne supporte aucune montée en compétence, l’alternance n’est pas la bonne réponse.
- Y a-t-il de vraies missions sur toute la durée du contrat, et pas seulement au démarrage ?
- Qui sera tuteur ou maître d’apprentissage, est-il volontaire, et a-t-il le temps ?
- Quel rythme d’alternance impose la formation visée, et vos missions s’y prêtent-elles ?
- Quel niveau et quelle spécialité de formation : ce sont les deux vrais critères de tri.
- Quel contrat : apprentissage ou professionnalisation, selon le public et l’objectif.
- Quelle perspective à l’issue du contrat, et le dites-vous dès l’annonce ?