Guide de recrutement

Recruter un alternant : la méthode, la fiche de poste et la grille de scoring

Pour recruter un alternant, procédez dans l’ordre : vérifiez que le poste porte de vraies missions et qu’un tuteur disponible est désigné, choisissez le contrat adapté, écrivez une fiche de poste qui décrit ce que la personne apprendra, sourcez dans les écoles, notez les CV sur le potentiel plutôt que sur l’expérience, puis menez un entretien de motivation structuré.

30 s
pour analyser et scorer un CV
/100
un score par candidature, assorti de sa justification
8 h
gagnées par semaine sur les 10 passées à trier

Ce que vous y gagnez

Vous notez le potentiel, pas l’expérience

Sur ce recrutement, la colonne « expérience professionnelle » est presque vide par définition, et la comparer d’un candidat à l’autre ne vous apprend rien. La grille ci-dessous déplace le poids vers la formation et les soft skills, ce qui remet les candidatures dans un ordre utile.

Vous traitez un volume de candidatures sans le subir

Les offres en alternance reçoivent souvent beaucoup de réponses, dont une partie envoyée en masse par des candidats en fin de délai d’inscription. Une grille appliquée de la même manière à tous fait remonter ceux qui ont vraiment lu votre annonce.

Vous sécurisez la partie qui fait échouer l’alternance

Ce ne sont presque jamais les compétences du jeune qui posent problème, mais le tutorat : un tuteur non disponible, des missions floues, un rythme école-entreprise mal anticipé. Ce guide vous fait traiter ces trois points avant de publier l’offre.

Comment ça marche

1

Collez la fiche de poste

Déposez l’annonce ou son URL. ResumeRank en extrait les critères indispensables et souhaitables : niveau et spécialité de formation visés, rythme d’alternance, missions confiées.

2

Déposez ou recevez les CV

Importez les candidatures par lots, ou faites-les arriver sur l’adresse e-mail dédiée au poste : les réponses transmises par les écoles ou reçues directement sont analysées sans ressaisie.

3

Lisez le classement et les questions générées

Chaque CV ressort avec son score sur 100, le détail par critère et des questions d’entretien ciblées — utiles quand le parcours est court et qu’il faut faire parler le candidat.

Avant de recruter un alternant : cadrer le besoin

Commencez par une question qui n’a rien à voir avec le candidat : avez-vous du travail à confier pendant les semaines où il sera présent ? Une alternance qui échoue est presque toujours une alternance sans missions réelles, où la personne remplit des tâches de bouche-trou entre deux périodes de cours. Écrivez la liste des travaux que vous comptez déléguer, et vérifiez qu’elle tient sur la durée du contrat, pas seulement sur le premier mois.

Le deuxième point est le tuteur. La loi impose de désigner un maître d’apprentissage ou un tuteur selon le contrat retenu, mais l’enjeu dépasse la formalité : cette personne devra être disponible régulièrement, répondre aux questions, corriger, et faire le lien avec l’école. Désignez-la avant de publier l’offre, vérifiez qu’elle est volontaire, et prévoyez le temps correspondant dans sa charge de travail. Un tuteur désigné d’office est le meilleur moyen de perdre l’alternant et de gâcher une année.

Le troisième point est le rythme école-entreprise, qui est fixé par la formation et non par vous. Deux jours par semaine, une semaine sur deux, trois semaines sur quatre : chaque rythme convient à des missions différentes. Un rythme très fractionné se prête mal à un projet qui demande de la continuité ; un rythme par périodes longues permet de confier un vrai sujet. Demandez le calendrier à l’école avant de vous engager, et calez vos missions dessus.

Le piège propre à ce recrutement est de chercher un profil déjà opérationnel. Un alternant est en formation : vous recrutez une capacité d’apprentissage, une fiabilité et une envie, pas un professionnel confirmé à tarif réduit. Si votre besoin est immédiat et ne supporte aucune montée en compétence, l’alternance n’est pas la bonne réponse.

  • Y a-t-il de vraies missions sur toute la durée du contrat, et pas seulement au démarrage ?
  • Qui sera tuteur ou maître d’apprentissage, est-il volontaire, et a-t-il le temps ?
  • Quel rythme d’alternance impose la formation visée, et vos missions s’y prêtent-elles ?
  • Quel niveau et quelle spécialité de formation : ce sont les deux vrais critères de tri.
  • Quel contrat : apprentissage ou professionnalisation, selon le public et l’objectif.
  • Quelle perspective à l’issue du contrat, et le dites-vous dès l’annonce ?

Fiche de poste alternant : le modèle à adapter

Une fiche de poste en alternance doit répondre à une question que les candidats se posent tous et que la plupart des annonces ignorent : qu’est-ce que je vais apprendre ici ? Les jeunes en recherche comparent des dizaines d’offres qui décrivent les mêmes tâches d’exécution. Celle qui annonce clairement les compétences acquises, le sujet confié et la personne qui accompagnera se distingue immédiatement.

Décrivez donc les missions en distinguant ce qui sera fait dès le départ et ce qui viendra plus tard, une fois la montée en compétence entamée. Indiquez le rythme d’alternance et la période de démarrage : beaucoup de candidatures se perdent parce que le rythme n’est pas compatible avec la formation. Précisez le niveau et le type de formation visés — sans en faire une liste fermée, vous vous priveriez de bons profils venus d’un cursus voisin.

Mentionnez enfin le tuteur et son rôle, ainsi que la rémunération. Celle-ci obéit à un barème réglementaire qui dépend du contrat, de l’âge et de l’année de formation : ne la chiffrez pas de mémoire, renvoyez au barème en vigueur, que vous trouverez sur le portail de l’alternance. Si une embauche est envisageable à l’issue du contrat, dites-le : c’est un argument déterminant pour les candidats sérieux.

  • Intitulé : le métier préparé et le niveau de formation visé (« alternant chargé de communication, licence ou master »), pas un intitulé interne.
  • Missions : ce qui est confié dès le départ, ce qui viendra ensuite, et le sujet de fond si le rythme le permet.
  • Compétences : le socle attendu à l’arrivée d’un côté, ce qui sera appris sur place de l’autre — c’est cette seconde liste qui attire.
  • Profil : formation préparée, spécialité, appétences — jamais un âge, un genre, une origine, une situation de famille ni un lieu de résidence.
  • Conditions : rythme d’alternance et calendrier, lieu, tuteur désigné, rémunération selon le barème en vigueur, perspective à l’issue du contrat.

Où trouver des candidats alternants

Le canal le plus efficace, et de loin, reste l’école ou le centre de formation d’apprentis. Chaque cursus dispose d’un service chargé des relations avec les entreprises, qui diffuse les offres à ses étudiants et présélectionne parfois. Contactez deux ou trois établissements qui préparent la formation visée dans votre bassin d’emploi : vous obtiendrez des candidatures ciblées, au bon rythme et au bon calendrier, ce qu’aucun jobboard ne garantit.

Le calendrier compte autant que le canal. Les recherches d’alternance se concentrent sur quelques mois avant la rentrée, et une offre publiée trop tard ne trouvera que les candidats encore disponibles. Publiez tôt, quitte à mener les entretiens sur plusieurs semaines : c’est le principal levier sur ce recrutement.

Complétez avec les plateformes publiques dédiées à l’alternance, les jobboards généralistes et les CVthèques, où les candidatures spontanées de jeunes en recherche sont nombreuses. Enfin, pensez aux forums et journées portes ouvertes des établissements : une heure sur place vaut souvent plusieurs semaines de tri à distance.

  • Écoles, universités et centres de formation d’apprentis préparant la formation visée : le canal principal.
  • Plateformes publiques dédiées à l’alternance et sites des établissements.
  • Jobboards généralistes, avec une annonce qui décrit ce que la personne apprendra.
  • CVthèques : nombreuses candidatures spontanées de jeunes en recherche.
  • Forums écoles-entreprises et journées portes ouvertes, dans votre bassin d’emploi.

8 questions d’entretien pour un alternant

Face à un candidat dont le CV tient en une page, l’entretien porte l’essentiel de la décision. Les questions ci-dessous ne cherchent pas de l’expérience : elles cherchent la capacité à apprendre, la fiabilité et la clarté du projet. Un candidat qui a préparé son entretien, qui sait pourquoi il vient chez vous et qui pose lui-même des questions vous en dira plus que trois lignes de stage sur son CV.

Soyez conscient qu’en face de vous se trouve quelqu’un qui a peu d’entretiens derrière lui. Un silence ou un léger stress ne sont pas des signaux négatifs : reformulez, laissez du temps, et jugez sur le contenu de la réponse, pas sur l’aisance. Posez les mêmes questions à tous les candidats et notez les réponses pendant l’échange.

  • Pourquoi cette formation, et pourquoi en alternance plutôt qu’en cursus classique ?
  • Qu’est-ce que vous savez de ce que nous faisons, et qu’est-ce qui vous a donné envie de postuler ici ?
  • Racontez-moi quelque chose que vous avez appris seul, en dehors des cours : comment vous y êtes-vous pris ?
  • Parlez-moi d’un travail de groupe, d’un projet scolaire ou d’un engagement associatif : quel a été votre rôle exact ?
  • Une difficulté que vous avez rencontrée cette année et comment vous l’avez traitée : laquelle ?
  • Votre rythme d’alternance est de X : comment comptez-vous organiser vos semaines entre l’école et ici ?
  • Que se passe-t-il si votre tuteur n’est pas disponible le jour où vous êtes bloqué ? Que faites-vous ?
  • Qu’aimeriez-vous savoir faire à la fin de ce contrat que vous ne savez pas faire aujourd’hui ?

Les erreurs fréquentes quand on recrute un alternant

La première erreur est de chercher un profil déjà opérationnel. Une annonce qui exige deux ans d’expérience pour un contrat en alternance se contredit elle-même et écarte précisément les candidats que le dispositif vise. Le bon critère est la capacité à apprendre, pas ce qui est déjà acquis.

La deuxième erreur est le tuteur désigné sans être consulté. Un tuteur qui découvre sa mission le jour de l’arrivée ne dégagera pas le temps nécessaire, et l’alternant passera son année à attendre des réponses. Cette erreur est la première cause de rupture, avant toute question de compétence.

La troisième erreur est de ne pas prévoir les missions au-delà du premier mois. Les périodes en entreprise s’étalent sur un ou deux ans : un sujet de fond, confié progressivement, vaut mieux qu’une accumulation de petites tâches. C’est aussi ce qui vous permettra de garder la personne à l’issue du contrat, si vous le souhaitez.

La quatrième erreur est de publier l’offre trop tard, après que la majorité des candidats se sont engagés ailleurs. Enfin, un rappel qui vaut pour tout ce guide : vos critères de sélection doivent porter uniquement sur les compétences, le potentiel et la formation, jamais sur le sexe, l’origine, la situation de famille, l’état de santé ou le lieu de résidence. Les conditions légales d’éligibilité au contrat sont une question administrative, distincte de vos critères de sélection.

  • Exiger de l’expérience professionnelle sur un contrat destiné à la formation.
  • Désigner un tuteur sans lui avoir demandé son accord ni dégagé du temps.
  • N’avoir de missions que pour les premières semaines.
  • Publier l’offre trop tard dans la saison de recherche.
  • Ignorer le calendrier de l’école et découvrir un rythme incompatible après la signature.

Appliquer cette grille automatiquement

Les offres en alternance reçoivent beaucoup de candidatures, souvent envoyées à la chaîne et sur des CV qui se ressemblent : même niveau, même absence d’expérience, mêmes stages courts. Trier cette pile à la main est long et peu discriminant, et les candidats les plus intéressants n’y sont pas forcément ceux qui ont la plus belle mise en page.

ResumeRank fait ce travail à votre place. Vous collez votre fiche de poste, l’outil lit chaque CV en une trentaine de secondes et lui attribue un score sur 100 par rapport à cette fiche, avec le détail des cinq critères et une justification écrite. Les pondérations sont réglables poste par poste : pour une alternance, la formation et les soft skills portent l’essentiel du score et l’expérience professionnelle ne pèse presque rien, comme dans le tableau ci-dessous.

Vous récupérez un classement, une synthèse par candidat et des questions d’entretien générées à partir du dossier — particulièrement utiles quand le CV est court et qu’il faut faire parler le candidat. Sur le tri, les recruteurs qui utilisent l’outil récupèrent environ huit des dix heures qu’ils y passaient chaque semaine. Le score hiérarchise la pile ; sur ce recrutement plus que sur un autre, la décision se prend en entretien.

Grille de scoring pour recruter un alternant

Les cinq critères de notation de ResumeRank, pondérés pour une alternance : la formation et les soft skills portent l’essentiel du score, l’expérience professionnelle ne pèse presque rien puisqu’elle n’est pas attendue. Adaptez ces poids à votre poste, la somme doit rester à 100.

Grille de scoring pour recruter un alternant
Poids conseilléCe que vous cherchezSignaux dans le CV
Adéquation au poste20Un projet cohérent avec le métier proposé, et un rythme d’alternance compatible avec vos missionsSpécialité et intitulé de la formation, rythme indiqué, candidature manifestement écrite pour votre offre
Compétences techniques10Un socle de départ suffisant pour commencer, sans exiger la maîtrise : le reste s’apprend chez vousOutils utilisés en cours ou en projet, réalisations personnelles, certifications, langues
Expérience professionnelle5Une trace de fiabilité, quelle qu’en soit la nature : ce n’est pas ce que l’on attend iciStages, jobs saisonniers, bénévolat — le fait d’avoir tenu un engagement compte plus que son contenu
Soft skills30Envie d’apprendre, autonomie naissante, capacité à travailler avec d’autres et à demander de l’aideProjets collectifs, engagements associatifs ou sportifs, responsabilités tenues, soin apporté à la candidature
Formation35Niveau et spécialité du cursus préparé, cohérence du parcours scolaire et sérieux généralDiplômes obtenus, établissement et cursus visé, mentions, cohérence des réorientations si elles sont expliquées

Questions fréquentes

Contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation : lequel choisir ?

Les deux sont des contrats en alternance, mais ils ne relèvent pas de la même logique. Le contrat d’apprentissage s’inscrit dans la formation initiale et vise l’obtention d’un diplôme ou d’un titre inscrit au répertoire national ; la formation se déroule en centre de formation d’apprentis. Le contrat de professionnalisation relève de la formation continue et vise une qualification professionnelle, avec un public et des objectifs plus larges, notamment en reconversion. Les conditions d’éligibilité, les durées et les modalités diffèrent : vérifiez-les sur le portail de l’alternance et auprès de votre OPCO avant de vous engager.

Quelles aides existent pour l’embauche d’un alternant ?

Des aides à l’embauche existent, mais leurs montants et leurs conditions sont révisés régulièrement : toute somme citée ici serait fausse dans quelques mois. Adressez-vous à votre OPCO, qui est votre interlocuteur pour le financement de la formation, et consultez le portail de l’alternance pour connaître le dispositif en vigueur à la date de votre embauche. Faites cette vérification avant de publier l’offre : le montant pris en charge peut influer sur le niveau de formation que vous visez.

Comment évaluer un candidat qui n’a aucune expérience ?

En changeant d’objet d’observation. Cherchez des traces d’engagement tenu dans la durée — un projet scolaire mené jusqu’au bout, un job saisonnier, une responsabilité associative ou sportive — et une capacité à apprendre seul, que vous ferez apparaître en demandant au candidat de raconter quelque chose qu’il a appris en dehors des cours. Regardez aussi le soin apporté à la candidature : un message écrit pour votre offre, et non copié, est déjà un signal. La grille ci-dessus traduit cela en pondérations : la formation et les soft skills portent le score, l’expérience ne pèse presque rien.

Qui peut être tuteur, et combien de temps cela prend-il ?

Le tuteur ou maître d’apprentissage est un salarié de l’entreprise qui doit justifier d’une qualification et d’une expérience en rapport avec le métier préparé ; les conditions exactes dépendent du contrat et de votre branche, et figurent sur le portail de l’alternance. Au-delà du cadre légal, prévoyez du temps réel : un point régulier chaque semaine, une disponibilité pour les questions du quotidien et les échanges avec l’école. Cette charge doit être reconnue dans le travail de la personne, sans quoi elle sera abandonnée au premier pic d’activité — c’est la première cause de rupture d’un contrat en alternance.

Peut-on embaucher l’alternant à la fin de son contrat ?

Oui, et c’est souvent le meilleur recrutement possible : la personne connaît vos outils, vos clients et votre façon de travailler, et vous l’avez vue produire pendant un ou deux ans. Si vous l’embauchez en CDI, les durées maximales de période d’essai du Code du travail s’appliquent selon la catégorie : deux mois pour les ouvriers et les employés, trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, quatre mois pour les cadres, chacune renouvelable une fois si un accord de branche étendu le prévoit et si le contrat le mentionne. Vérifiez votre convention collective, ainsi que les règles propres à l’issue d’un contrat en alternance, qui peuvent réduire ou supprimer cette période.

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