Avant de recruter un community manager : cadrer le besoin
L’intitulé « community manager » recouvre au moins trois métiers. Le premier anime et modère : il répond aux messages, aux commentaires et aux avis, entretient une communauté existante et fait remonter ce qui s’y dit. Le deuxième produit : visuels, vidéos courtes, carrousels, newsletters — c’est un poste de création, avec des outils et un temps de production. Le troisième pilote : ligne éditoriale, calendrier, budget publicitaire, mesure des résultats — on l’appelle souvent social media manager. Beaucoup d’annonces demandent les trois pour un seul salaire, et n’attirent que des candidats qui n’en maîtrisent aucun.
Commencez donc par écrire ce que la personne fera vraiment la première année. Combien de réseaux tient-elle, à quelle fréquence, avec quelle autonomie de publication ? Qui valide les contenus, et en combien de temps ? Qui produit les visuels : elle, un graphiste, une agence ? Y a-t-il une ligne éditoriale écrite, ou faut-il la construire ? Existe-t-il un budget média, ou tout doit-il passer par l’organique ? Répondre à ces six questions transforme une annonce interchangeable en fiche de poste que les bons candidats reconnaissent.
Dernier point de cadrage : interne ou freelance. Un freelance convient pour lancer une présence, produire un volume défini ou couvrir une expertise pointue ; il coûte en pilotage et connaît moins bien votre maison. Un salarié interne construit la connaissance produit, la relation avec les équipes et la réactivité en cas de crise, mais suppose un volume de travail réel et durable. Choisir avant de publier vous évite de comparer des candidatures qui ne répondent pas à la même question.
- Indispensables : écrire correctement en français, tenir un calendrier éditorial, modérer sans envenimer, savoir lire des statistiques d’audience et en tirer une décision.
- Indispensables selon le poste : production graphique ou vidéo, maîtrise du réseau qui compte pour vous, expérience de la publicité payante, anglais si votre audience est internationale.
- Souhaitables : connaissance de votre secteur, expérience du même type d’organisation, relation avec des créateurs de contenu, notions de référencement.
- Piège classique : confondre l’audience personnelle du candidat et sa compétence professionnelle — un compte personnel qui marche ne prouve pas qu’il saura tenir le vôtre.
- Piège classique : demander « tous les réseaux » dans l’annonce, ce qui garantit une maîtrise superficielle partout.
- Piège classique : ne pas dire qui valide, ni sous quel délai — le community manager le plus rapide est paralysé par un circuit de validation flou.
- Piège classique : attendre des résultats commerciaux sans budget média ni offre à mettre en avant.