Avant de recruter un commercial : cadrer le besoin
La première question n’est pas « quel profil ? » mais « quel travail ? ». Un commercial qui part de zéro, appelle des inconnus et encaisse dix refus par jour ne fait pas le même métier qu’un commercial qui suit trente clients existants, prépare des renouvellements et défend une marge. Le premier a besoin d’endurance et d’autonomie, le second de rigueur et de sens du détail. Beaucoup de recrutements ratés viennent de là : on a recruté un chasseur pour un poste d’éleveur, ou l’inverse.
Le deuxième point à écrire noir sur blanc est le cycle de vente. Vendre un abonnement à 50 € par mois en un appel et vendre un projet signé au bout de neuf mois par un comité d’achat sont deux compétences distinctes. Un candidat brillant sur un cycle court peut être perdu sur un cycle long, parce qu’il n’a jamais eu à entretenir une relation pendant des mois sans signer. Regardez donc le cycle qu’il a réellement pratiqué avant de regarder son volume.
Le troisième point est la structure de la rémunération. Fixe et variable ne s’équilibrent pas de la même façon selon le métier, et la part variable que vous prévoyez filtre les candidatures bien avant votre grille : un commercial habitué à une forte part variable se méfiera d’un poste très fixe, et réciproquement. Décidez-le avant de publier, et indiquez une fourchette dans l’annonce plutôt que de laisser le sujet arriver au troisième entretien.
Séparez enfin ce qui est indispensable de ce qui est souhaitable, et limitez-vous à trois ou quatre critères indispensables. Au-delà, vous n’avez plus une fiche de poste mais une liste de vœux, et vous éliminerez des candidats capables de faire le travail pour une ligne qui n’a jamais compté.
- Chasse ou élevage : ouvrir de nouveaux comptes, ou développer un portefeuille existant ?
- Cycle de vente réel : quelques jours, quelques mois, plusieurs trimestres ?
- Interlocuteur visé : un dirigeant de TPE, un service achats, un comité complet ?
- Terrain, sédentaire ou mixte, et périmètre géographique effectif.
- Structure de la rémunération : part fixe, part variable, sur quels indicateurs.
- Pièges du poste : marché à créer, produit technique, concurrence installée, saisonnalité.