Guide de recrutement

Recruter un commercial : la méthode, la fiche de poste et la grille de scoring

Pour recruter un commercial, procédez dans l’ordre : cadrez le besoin (chasse ou élevage, cycle de vente, part variable), rédigez une fiche de poste qui décrit le portefeuille réel, diffusez sur les canaux où se trouvent ces profils, notez chaque CV avec la même grille de scoring, puis menez un entretien structuré autour des résultats chiffrés.

30 s
pour analyser et scorer un CV
/100
un score par candidature, assorti de sa justification
8 h
gagnées par semaine sur les 10 passées à trier

Ce que vous y gagnez

Vous savez enfin ce que vous cherchez

Un commercial qui ouvre des comptes et un commercial qui fait vivre un portefeuille existant ne partagent presque rien : ni le rythme, ni le goût du refus, ni les preuves qu’ils laissent dans un CV. Cadrer ce point avant de publier l’annonce évite de recevoir cinquante candidatures pour un poste que personne n’a compris.

Vous comparez des chiffres, pas des impressions

Un bon CV commercial est un CV bien vendu — c’est le métier. La grille ci-dessous vous fait chercher la même chose chez tout le monde : quel montant, sur quel cycle, avec quelle part de nouveaux clients. Un candidat sympathique qui n’a jamais porté d’objectif ressort à sa place.

Vous arrivez en entretien avec de vraies questions

Les huit questions de ce guide portent sur la façon de travailler, pas sur la motivation générale. Elles vous donnent de quoi distinguer un commercial qui a construit son résultat d’un commercial qui a hérité d’un marché porteur, ce qu’aucun CV ne dit jamais tout seul.

Comment ça marche

1

Collez la fiche de poste

Déposez l’annonce que vous venez d’écrire, ou son URL. ResumeRank en extrait les critères indispensables et les critères souhaitables : c’est cette description qui sert de référence, et non une idée générale du « bon commercial ».

2

Déposez ou recevez les CV

Importez les candidatures par lots, ou faites-les arriver sur l’adresse e-mail dédiée au poste : les réponses transférées depuis un jobboard ou depuis votre boîte de réception sont analysées sans ressaisie.

3

Lisez le classement et les questions générées

Chaque CV ressort avec son score sur 100, le détail par critère et des questions d’entretien ciblées sur ses zones d’ombre. Vous ne relisez en entier que le haut du classement.

Avant de recruter un commercial : cadrer le besoin

La première question n’est pas « quel profil ? » mais « quel travail ? ». Un commercial qui part de zéro, appelle des inconnus et encaisse dix refus par jour ne fait pas le même métier qu’un commercial qui suit trente clients existants, prépare des renouvellements et défend une marge. Le premier a besoin d’endurance et d’autonomie, le second de rigueur et de sens du détail. Beaucoup de recrutements ratés viennent de là : on a recruté un chasseur pour un poste d’éleveur, ou l’inverse.

Le deuxième point à écrire noir sur blanc est le cycle de vente. Vendre un abonnement à 50 € par mois en un appel et vendre un projet signé au bout de neuf mois par un comité d’achat sont deux compétences distinctes. Un candidat brillant sur un cycle court peut être perdu sur un cycle long, parce qu’il n’a jamais eu à entretenir une relation pendant des mois sans signer. Regardez donc le cycle qu’il a réellement pratiqué avant de regarder son volume.

Le troisième point est la structure de la rémunération. Fixe et variable ne s’équilibrent pas de la même façon selon le métier, et la part variable que vous prévoyez filtre les candidatures bien avant votre grille : un commercial habitué à une forte part variable se méfiera d’un poste très fixe, et réciproquement. Décidez-le avant de publier, et indiquez une fourchette dans l’annonce plutôt que de laisser le sujet arriver au troisième entretien.

Séparez enfin ce qui est indispensable de ce qui est souhaitable, et limitez-vous à trois ou quatre critères indispensables. Au-delà, vous n’avez plus une fiche de poste mais une liste de vœux, et vous éliminerez des candidats capables de faire le travail pour une ligne qui n’a jamais compté.

  • Chasse ou élevage : ouvrir de nouveaux comptes, ou développer un portefeuille existant ?
  • Cycle de vente réel : quelques jours, quelques mois, plusieurs trimestres ?
  • Interlocuteur visé : un dirigeant de TPE, un service achats, un comité complet ?
  • Terrain, sédentaire ou mixte, et périmètre géographique effectif.
  • Structure de la rémunération : part fixe, part variable, sur quels indicateurs.
  • Pièges du poste : marché à créer, produit technique, concurrence installée, saisonnalité.

Fiche de poste commercial : le modèle à adapter

Une fiche de poste commercial utile tient en une page et décrit le travail, pas l’entreprise. Le candidat qui vous intéresse a le choix : il lit les cinq premières lignes et décide. S’il y trouve « dynamique, ambitieux, orienté résultats », il n’a rien appris et passe à l’annonce suivante. S’il y trouve « ouvrir le marché des cabinets comptables en Nouvelle-Aquitaine, cycle de deux mois, panier moyen autour de 8 000 €, seul sur le secteur avec l’appui d’un avant-vente », il sait s’il est concerné.

Écrivez les missions au présent et à l’indicatif, en commençant par un verbe d’action, et classez-les de la plus fréquente à la plus rare. Un commercial doit pouvoir reconstituer sa semaine type à la lecture. Indiquez aussi ce que le poste ne comprend pas : c’est souvent l’information la plus rassurante, et elle vous évite les candidatures hors sujet.

Sur la rémunération, indiquez une fourchette et la structure fixe-variable. Cette mention n’est plus une faveur faite au candidat : c’est ce qui vous évite de recevoir des profils que vous ne pourrez pas payer, et ce qui fait revenir ceux qui hésitent. Pour situer votre fourchette, appuyez-vous sur les études de rémunération publiées par l’APEC et sur les données de France Travail plutôt que sur une moyenne trouvée dans un forum.

  • Intitulé : le titre réellement utilisé sur le marché, précisé par le périmètre (« commercial terrain BtoB, secteur Grand Ouest ») plutôt qu’un intitulé interne que personne ne cherche.
  • Missions : six à huit lignes maximum, de la plus fréquente à la plus rare, avec le volume attendu (prospection, rendez-vous, propositions, suivi du portefeuille, reporting).
  • Compétences : ce qui est indispensable d’un côté (prospection sortante, négociation, tenue d’un CRM), ce qui s’apprend chez vous de l’autre (connaissance du produit, du secteur, des outils internes).
  • Profil : le type d’expérience recherché — nature du cycle de vente, type d’interlocuteur, autonomie — jamais un âge, un genre, une origine ni un lieu de résidence.
  • Conditions : rattachement, déplacements, télétravail, moyens fournis (véhicule, CRM, avant-vente), fourchette de rémunération et structure fixe-variable.

Où trouver des candidats commerciaux

Les bons commerciaux sont rarement en recherche active longtemps : ils sont approchés, ou ils répondent vite à une annonce qui leur parle. Cela change la manière de sourcer. Une annonce bien écrite sur un jobboard généraliste reste le socle, mais elle ne suffit pas sur un secteur tendu ou sur un produit technique. Comptez sur trois canaux en parallèle plutôt que sur un seul, et acceptez que le meilleur canal dépende du type de vente.

La cooptation fonctionne particulièrement bien sur ces profils : un commercial connaît d’autres commerciaux, souvent chez vos concurrents ou chez vos clients. Demandez explicitement à votre équipe, y compris à ceux qui ne recrutent pas, et rendez la démarche simple. C’est le canal le plus rapide et celui qui produit les candidatures les mieux qualifiées.

L’approche directe sur les réseaux professionnels reste incontournable pour les postes à cycle long ou à forte technicité. Enfin, les CVthèques gratuites permettent d’aller chercher des profils qui ne répondront pas à votre annonce : c’est du temps de recherche, mais cela vous rend indépendant du volume de candidatures reçues.

  • Jobboards généralistes : le socle, avec une annonce qui décrit le portefeuille et la rémunération.
  • Cooptation interne : le canal le plus rapide sur ces profils, à activer explicitement.
  • Approche directe sur les réseaux professionnels : indispensable sur un cycle long ou un produit technique.
  • CVthèques : pour aller chercher les profils qui ne postulent pas.
  • Écoles de commerce et alternance : pour un poste junior que vous acceptez de former.

8 questions d’entretien pour un commercial

L’entretien d’un commercial a un piège évident : c’est un professionnel de la conversation qui vend le produit qu’il connaît le mieux, lui-même. Les questions générales de motivation ne vous apprendront rien. Posez les mêmes huit questions à tous les candidats, prenez des notes pendant qu’ils répondent, et relancez systématiquement sur le « comment » : c’est là que l’écart se creuse entre celui qui a construit son résultat et celui qui l’a reçu.

Dans chaque réponse, cherchez trois choses : un contexte précis (quel marché, quelle concurrence, quel interlocuteur), une part personnelle claire (ce que le candidat a fait lui-même) et un résultat vérifiable. Une réponse qui reste au « nous » pendant trois minutes mérite une relance, pas une élimination.

  • Racontez-moi votre dernière vente signée : qui était en face, combien de temps s’est écoulé entre le premier contact et la signature, et qu’est-ce qui a débloqué la décision ?
  • Comment construisiez-vous votre liste de prospects dans votre dernier poste ? Montrez-moi concrètement à quoi ressemblait une semaine de prospection.
  • Quel était votre objectif chiffré l’an dernier, où êtes-vous arrivé, et qu’est-ce qui explique l’écart dans un sens ou dans l’autre ?
  • Parlez-moi d’une affaire que vous avez perdue et que vous pensiez gagner : qu’avez-vous compris après coup ?
  • On vous dit « c’est trop cher » en fin de rendez-vous. Que répondez-vous, exactement, avec vos mots ?
  • Comment teniez-vous votre pipeline ? Quels outils, à quelle fréquence, et qu’est-ce que vous y notiez vraiment ?
  • Quelle part de votre chiffre venait de nouveaux clients, et quelle part du portefeuille existant ?
  • Notre cycle de vente dure environ X semaines auprès de Y : qu’est-ce qui vous paraît le plus difficile dans ce contexte, et comment vous y prendriez-vous les trois premiers mois ?

Les erreurs fréquentes quand on recrute un commercial

La première erreur est de recruter le candidat qui vend le mieux l’entretien. L’aisance relationnelle est nécessaire, elle n’est pas suffisante : un commercial performant se reconnaît à sa méthode de travail et à sa constance, pas à sa capacité à occuper l’espace pendant une heure. Le correctif est simple : posez les mêmes questions à tout le monde et notez les réponses pendant l’échange, pas après.

La deuxième erreur est de prendre les chiffres du CV pour argent comptant. « 150 % de l’objectif » ne veut rien dire sans l’objectif, le contexte du marché et la part de nouveaux clients. Ce n’est pas une question d’honnêteté : c’est le métier du candidat de se présenter sous son meilleur jour. Votre travail est de demander le dénominateur.

La troisième erreur est de sur-pondérer le secteur. Exiger une expérience dans votre marché exact réduit votre vivier de façon spectaculaire, souvent pour un gain réel limité : sur un produit qui s’explique, un très bon commercial d’un secteur voisin rattrape son retard en quelques semaines. Réservez cette exigence aux ventes très techniques ou aux marchés où le carnet d’adresses est l’essentiel du poste.

La quatrième erreur est de flouter la rémunération. Un variable présenté comme « déplafonné » sans base de calcul fait fuir les candidats expérimentés, qui savent lire. Enfin, un rappel qui vaut pour tout ce guide : vos critères de sélection doivent porter uniquement sur les compétences et l’expérience professionnelle, jamais sur l’âge, le sexe, l’origine, la situation de famille, l’état de santé ou le lieu de résidence.

  • Confondre aisance en entretien et performance commerciale.
  • Accepter un pourcentage de réussite sans demander l’objectif ni le contexte.
  • Exiger une expérience sectorielle identique quand le produit s’apprend.
  • Rester vague sur le fixe, le variable et les indicateurs qui le déclenchent.
  • Changer de grille entre deux candidats, ou décider avant d’avoir fini l’entretien.

Appliquer cette grille automatiquement

La grille ci-dessus est utile tant que vous l’appliquez de la même manière au premier et au soixantième CV. C’est précisément ce qui ne tient pas quand les candidatures arrivent par paquets : le vingtième CV de la journée n’est pas lu avec l’attention du troisième, et ce sont souvent les parcours atypiques qui en font les frais.

ResumeRank fait ce travail à votre place. Vous collez votre fiche de poste, l’outil lit chaque CV en une trentaine de secondes et lui attribue un score sur 100 par rapport à cette fiche, avec le détail des cinq critères et une justification écrite. Les pondérations sont réglables poste par poste : vous pouvez charger l’expérience et les soft skills pour un commercial, comme dans le tableau ci-dessous, et les rééquilibrer sur un autre recrutement.

Vous récupérez un classement, une synthèse par candidat et des questions d’entretien générées à partir des zones d’ombre de son dossier — ce qui ne vous dispense pas des huit questions de ce guide, mais vous évite d’arriver en entretien sans avoir relu le CV. Sur le tri, les recruteurs qui utilisent l’outil récupèrent environ huit des dix heures qu’ils y passaient chaque semaine. La décision, elle, reste la vôtre : le score hiérarchise la pile, il ne recrute personne.

Grille de scoring pour recruter un commercial

Les cinq critères de notation de ResumeRank, pondérés pour un poste commercial : l’expérience et les soft skills portent l’essentiel du score, la formation pèse peu. Adaptez ces poids à votre poste, la somme doit rester à 100.

Grille de scoring pour recruter un commercial
Poids conseilléCe que vous cherchezSignaux dans le CV
Adéquation au poste25Même type de vente que le vôtre : cycle comparable, interlocuteur comparable, chasse ou élevage selon le posteDurée des cycles décrite, type de clients nommé, part de prospection précisée
Compétences techniques10Maîtrise des outils du métier et capacité à comprendre un produit, sans exiger votre secteur exactCRM nommé et utilisé, outils de prospection, langues si le périmètre l’exige
Expérience professionnelle30Résultats tenus dans la durée, sur un poste comparable, avec une part personnelle identifiableObjectifs et réalisations chiffrés, taille du portefeuille, stabilité sur les postes précédents
Soft skills30Autonomie, ténacité face au refus, écoute, organisation d’une semaine de prospectionProgression des responsabilités, initiatives décrites, structure et clarté du CV lui-même
Formation5Un socle utile, rarement décisif : ce métier se juge sur les résultatsFormation initiale ou continue à la vente, certifications produit ou méthode

Questions fréquentes

Faut-il exiger une expérience dans mon secteur ?

Rarement. Exiger le secteur exact réduit fortement votre vivier pour un gain souvent limité : sur un produit qui s’explique, un bon commercial venu d’un marché voisin devient autonome en quelques semaines. Réservez cette exigence à deux cas : une vente très technique, où la crédibilité se joue dès le premier rendez-vous, et un poste où le carnet d’adresses constitue l’essentiel de la valeur attendue. Dans tous les autres cas, pondérez le secteur comme un bonus, pas comme un filtre éliminatoire.

Comment vérifier les chiffres annoncés dans un CV commercial ?

En demandant le dénominateur. « 130 % de l’objectif » n’a de sens qu’avec l’objectif lui-même, la taille du marché, la part de nouveaux clients et le contexte de l’année. Demandez au candidat de reconstituer une affaire précise : qui était en face, combien de temps s’est écoulé, ce qu’il a fait lui-même. Un commercial qui a réellement produit son résultat répond avec des détails ; un candidat qui a hérité d’un marché porteur reste au « nous » et dans les généralités. Restez factuel et poli : l’objectif est de comprendre, pas de piéger.

Quelle est la durée maximale de période d’essai pour un commercial en CDI ?

Le Code du travail fixe des durées maximales selon la catégorie : deux mois pour les ouvriers et les employés, trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, quatre mois pour les cadres. Chaque durée peut être renouvelée une fois si un accord de branche étendu le prévoit et si le contrat le mentionne expressément. Un commercial peut relever de l’une ou l’autre catégorie selon son statut réel : vérifiez votre convention collective, qui peut prévoir des durées plus courtes, et faites relire le contrat.

Comment fixer le fixe et le variable ?

Commencez par le travail attendu : un poste de chasse, où le résultat dépend fortement de l’effort individuel, supporte une part variable plus importante qu’un poste de suivi de portefeuille, où la performance dépend aussi du produit et du service. Choisissez ensuite deux ou trois indicateurs vérifiables et compréhensibles — un variable que le candidat ne sait pas calculer ne motive personne. Pour situer votre fourchette, appuyez-vous sur les études de rémunération de l’APEC et sur les données publiées par France Travail, et indiquez cette fourchette dans l’annonce.

Combien de candidats faut-il rencontrer avant de décider ?

Il n’existe pas de nombre magique, mais une règle de méthode : ne décidez jamais sur un seul candidat rencontré, et ne comparez que des entretiens menés avec la même grille. En pratique, trois à cinq entretiens sérieux suffisent à voir apparaître des écarts nets, à condition que la présélection ait été faite correctement en amont. C’est là que le tri compte le plus : mieux vaut cinq entretiens bien choisis que quinze entretiens tirés au hasard dans la pile.

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